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Épargne

Le taux du Livret A est remonté à 1,7 % le 1er août dernier, et beaucoup de mes clients ont accueilli la nouvelle comme une bonne surprise. Sauf qu’avec des prix en hausse de 2,1 % sur un an en juillet, l’argent laissé là perd encore un peu de pouvoir d’achat chaque mois. Optimiser son épargne, en 2026, commence exactement à cet endroit.

La réponse courte : optimiser son épargne ne consiste pas à chercher le placement le mieux rémunéré, mais à répartir son argent par horizon d’utilisation. Une épargne de précaution disponible et sans risque, un matelas de moyen terme pour les projets identifiés à trois ou cinq ans, un capital de long terme investi et logé dans la bonne enveloppe fiscale. Chaque euro doit savoir à quelle date il servira, sinon il finit systématiquement sur le support le plus liquide et le moins rentable.

Les repères de l’été 2026

  • Livret A et LDDS rémunérés à 1,70 % depuis le 1er août 2026, LEP maintenu à 2,50 % sous condition de revenus.
  • L’inflation française ressortait à 2,1 % sur un an en juillet 2026 : le rendement réel des livrets réglementés reste légèrement négatif.
  • Le prélèvement forfaitaire unique est passé à 31,4 % au 1er janvier 2026, mais l’assurance-vie a conservé des prélèvements sociaux à 17,2 %.
  • La bonne question n’est pas « quel placement rapporte le plus », c’est « de quelle somme ai-je besoin, et quand ».

Premier étage : l’épargne qu’on ne place pas

L’épargne de précaution couvre les imprévus, de la chaudière au mois de salaire manquant. Elle doit être disponible en 24 heures, garantie, et sa rémunération n’est pas le sujet. L’ordre de grandeur que je donne en rendez-vous se situe entre trois et six mois de dépenses courantes, davantage pour un revenu irrégulier.

Les livrets réglementés sont faits pour ça, et pour ça seulement. Voici où en sont leurs taux depuis la révision du 1er août 2026.

Support Taux Plafond de versements Fiscalité
Livret A 1,70 % 22 950 € Exonéré
LDDS 1,70 % 12 000 € Exonéré
LEP, sous condition de revenus 2,50 % 10 000 € Exonéré
CEL 1,25 % brut 15 300 € PFU 30 %
PEL ouvert en 2026 2,00 % brut 61 200 € PFU 30 %

Le LEP est le grand oublié de mes rendez-vous. Il devait mécaniquement descendre à 2,2 % au 1er août, le gouvernement a choisi de le maintenir à 2,5 %. Il reste accessible sous plafond de revenu fiscal de référence, et je vois encore des clients éligibles depuis des années qui n’en ont jamais entendu parler. C’est le premier réflexe à avoir avant toute autre optimisation.

Investissement financier

Investissement financier

Deuxième étage : les projets à trois ou cinq ans

Ici commence l’arbitrage réel, parce que l’horizon autorise un peu de risque sans le rendre obligatoire. Le support le plus souple reste l’assurance vie, à condition de comprendre qu’il s’agit d’une enveloppe et non d’un placement : à l’intérieur, le fonds en euros sécurise le capital, les unités de compte l’exposent aux marchés sans aucune garantie.

Son avantage s’est renforcé en 2026 presque par accident. Quand le prélèvement forfaitaire unique est passé de 30 % à 31,4 % au 1er janvier, l’assurance vie a conservé des prélèvements sociaux à 17,2 %, là où les intérêts et plus-values d’un compte-titres supportent désormais 18,6 %. S’ajoute, après huit ans de détention, un abattement annuel de 4 600 euros sur les gains rachetés, porté à 9 200 euros pour un couple soumis à imposition commune. J’ai détaillé ces mécanismes dans mon article sur les bases de la fiscalité des revenus financiers.

Un contrat ouvert avec 500 euros et jamais alimenté vaut mieux qu’un contrat parfait ouvert dans cinq ans. Ce qui compte d’abord, c’est de prendre date.

Troisième étage : le capital de long terme

Au-delà de huit à dix ans, laisser dormir un capital sur un livret devient le vrai risque, celui de l’érosion silencieuse par l’inflation. Trois familles se partagent cet étage, avec des logiques distinctes.

  • Les actions, via un PEA de préférence : après cinq ans de détention, les gains échappent à l’impôt sur le revenu et seuls les prélèvements sociaux restent dus, dans la limite de 150 000 euros de versements.
  • L’immobilier, en direct, en SCPI ou en financement participatif immobilier. Le rendement affiché ne dit rien tant qu’on n’a pas retranché la fiscalité, les frais d’entrée et le risque de vacance.
  • Le PER, pour la retraite, dont l’intérêt principal est fiscal : les versements volontaires sont déductibles du revenu imposable dans la limite de 38 448 euros pour un salarié et 88 911 euros pour un travailleur non salarié en 2026.

Le PER a une contrepartie que je rappelle systématiquement : l’argent y est bloqué jusqu’à la retraite, sauf cas de déblocage anticipé prévus par la loi, dont l’achat de la résidence principale. Sa déduction n’est un cadeau que pour les foyers réellement imposés, et elle se retrouve à la sortie.

Investissement immobilier

Investissement immobilier

L’erreur que je vois le plus souvent

Ce n’est pas de choisir un mauvais placement. C’est d’accumuler des livrets pleins sans jamais rien décider. Un Livret A au plafond depuis six ans, un LDDS plein, et l’excédent qui s’entasse sur le compte courant, non rémunéré : la situation est courante et elle coûte cher, silencieusement.

Le remède tient en une action de dix minutes, celle que je propose en fin de rendez-vous : mettre en place un virement automatique le lendemain du salaire, vers le support correspondant à l’étage qui vous manque. Une épargne qui dépend de la volonté de fin de mois ne se constitue jamais.

Trois questions posées au guichet cet été

Faut-il vider son Livret A puisqu’il rapporte moins que l’inflation ?

Non, pas l’épargne de précaution. Sa fonction est d’être disponible immédiatement, pas de battre l’inflation. C’est l’excédent au-delà de trois à six mois de dépenses qui mérite d’être arbitré vers un support de plus long terme.

Vaut-il mieux rembourser un crédit par anticipation ou placer ?

Comparez le taux de votre crédit au rendement net attendu du placement, en gardant à l’esprit que le remboursement offre un gain certain là où le placement offre un gain espéré. Vérifiez aussi les indemnités de remboursement anticipé de votre contrat avant tout calcul.

Un couple peut-il cumuler les plafonds ?

Oui. Chaque personne majeure peut détenir son propre Livret A, son LDDS et, si elle y est éligible, son LEP. Un couple double donc mécaniquement les capacités de versement en épargne réglementée.

Penser au plan d'épargne retraite

Penser au plan d’épargne retraite

Information générale, pas un conseil personnalisé. Les taux et plafonds cités valent au 5 août 2026 et sont révisés régulièrement, ceux de l’épargne réglementée au moins deux fois par an. Une répartition patrimoniale dépend de votre fiscalité, de votre situation familiale et de vos projets : faites-la valider par votre conseiller, et par un fiscaliste ou un notaire pour un montage complexe.

Ce que je retiens des rendez-vous de cette rentrée : les épargnants qui s’en sortent le mieux ne sont pas ceux qui ont déniché le meilleur taux. Ce sont ceux qui ont pris quinze minutes pour écrire ce dont ils auront besoin, et quand. Le reste n’est plus qu’une question d’exécution.

Pour aller plus loin

Le troisième étage mérite un plan à lui seul.

Comment planifier sa retraite : conseils financiers

Publié initialement en 2023. Mise à jour le 5 août 2026 (taux de l’épargne réglementée au 1er août 2026, fiscalité et plafonds).
Sources : Journal officiel et Banque de France (taux de l’épargne réglementée), INSEE (indice des prix à la consommation, juillet 2026), service-public.gouv.fr, economie.gouv.fr.