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Ils étaient plus de 1,9 million de Français à passer au moins un ordre sur des actions en 2025, soit 21 % de plus que l’année précédente, d’après les chiffres publiés par l’AMF. Beaucoup de ces nouveaux venus passent par mon bureau six mois plus tard, avec les mêmes quatre ou cinq questions et, souvent, les mêmes erreurs déjà commises.

La réponse courte : les erreurs qui coûtent le plus cher en bourse ne sont presque jamais des erreurs de sélection de titres. Ce sont des erreurs de cadre : investir sans avoir défini son profil de risque, concentrer son portefeuille, tenter d’anticiper les points hauts et les points bas du marché, sous-estimer l’effet cumulé des frais, et se tromper d’enveloppe fiscale. Aucune ne demande de compétence technique pour être évitée, seulement une décision prise avant d’ouvrir la première ligne.

Les cinq pièges, dans l’ordre où je les vois

  • Investir sans savoir quelle perte on est capable d’encaisser sans vendre.
  • Tout miser sur une poignée de titres, parfois du même secteur.
  • Attendre le bon moment pour entrer, et ne jamais entrer.
  • Regarder la performance affichée sans jamais additionner les frais.
  • Loger ses actions européennes sur un compte-titres alors qu’un PEA convenait mieux.

Investir sans profil de risque défini

Le profil de risque, c’est la perte temporaire que vous pouvez supporter sans changer de comportement. Pas celle que vous acceptez sur le papier, celle que vous encaissez réellement un lundi matin quand votre portefeuille affiche moins 25 %. La différence entre les deux explique la majorité des ventes à perte que je constate.

Trois éléments le déterminent : votre horizon de placement, votre capacité d’épargne récurrente et le rôle de cet argent dans votre budget. Un capital dont vous aurez besoin dans deux ans pour un apport n’a rien à faire en actions, quel que soit votre appétit pour le risque. C’est la première question que je pose, avant même de parler de supports.

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Concentrer son portefeuille sans s’en rendre compte

La diversification consiste à répartir son capital de sorte qu’aucune mauvaise nouvelle isolée ne puisse abîmer durablement l’ensemble. Sur le principe, tout le monde est d’accord. Dans les faits, je vois régulièrement des portefeuilles composés de sept lignes qui appartiennent toutes au même secteur, ou d’un actionnariat salarié qui pèse la moitié du patrimoine financier de son détenteur.

Ce dernier cas mérite une vigilance particulière : quand votre employeur porte à la fois votre salaire et votre épargne, une difficulté de l’entreprise vous atteint deux fois. La diversification se juge par classe d’actifs, par secteur et par zone géographique, jamais au seul nombre de lignes. Le sujet mérite d’ailleurs un développement à part, que j’ai consacré à l’importance de la diversification dans l’investissement financier.

Diversifiez votre portefeuille

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Courir après le bon moment d’entrée

Le market timing consiste à acheter au plus bas et vendre au plus haut. L’idée est irrésistible et le résultat statistiquement décevant, parce qu’elle demande d’avoir raison deux fois de suite, à la sortie comme au retour.

Une donnée mérite d’être connue, même si elle porte sur des produits bien plus risqués que les actions : dans son étude sur les résultats des particuliers en CFD et sur le Forex, l’AMF relevait plus de 89 % de clients perdants sur quatre ans, avec une corrélation nette entre le nombre de transactions passées et l’ampleur de la perte. Multiplier les allers-retours n’améliore pas le résultat, cela l’aggrave.

Le plus difficile en bourse n’est pas de choisir quoi acheter. C’est de ne rien faire pendant les six mois où tout baisse.

Sous-estimer ce que les frais grignotent

Les frais se logent partout : courtage à chaque ordre, droits de garde, frais de gestion annuels du fonds, frais d’arbitrage sur un contrat. Pris isolément, chacun paraît anecdotique. Cumulés sur vingt ans, ils deviennent la principale variable sur laquelle vous avez réellement la main, contrairement à la performance du marché.

Voici ce que donne une simulation simple, sur 10 000 euros placés pendant 20 ans avec un rendement brut hypothétique de 6 % par an. Ces chiffres sont un calcul d’illustration, pas une performance constatée ni une projection de marché.

Frais annuels Rendement net Capital au bout de 20 ans Écart
Aucun 6,00 % 32 071 € référence
0,25 % 5,75 % 30 592 € − 1 479 €
1,00 % 5,00 % 26 533 € − 5 538 €
2,00 % 4,00 % 21 911 € − 10 160 €

Un point et demi de frais annuels supplémentaires efface près d’un tiers du capital final. C’est la ligne du relevé que personne ne lit et qui pèse le plus lourd.

Se tromper d’enveloppe fiscale

Deux investisseurs peuvent détenir exactement les mêmes titres et ne pas conserver la même somme après impôt. Depuis le 1er janvier 2026, les plus-values et dividendes perçus sur un compte-titres ordinaire relèvent du prélèvement forfaitaire unique à 31,4 %, contre 30 % auparavant, la hausse portant sur les prélèvements sociaux passés de 17,2 % à 18,6 %.

Un PEA détenu depuis plus de cinq ans exonère ces gains d’impôt sur le revenu, seuls les prélèvements sociaux restant dus. En contrepartie, l’univers d’investissement se limite pour l’essentiel aux titres européens et le plafond de versements est fixé à 150 000 euros. Ouvrir un PEA même avec une somme modeste permet au moins de faire courir cette antériorité de cinq ans, qui compte davantage que le montant initial.

Le réflexe qui neutralise la plupart de ces pièges

Écrire sa règle avant d’investir, et la garder. Combien je verse, à quelle fréquence, sur quels supports, et à quelle condition je vends. Trois lignes sur une feuille suffisent. Les clients qui l’ont fait ne me rappellent pas en panique au premier trimestre difficile, parce que la décision de rester investi avait été prise à froid, des mois plus tôt.

Un versement automatique mensuel produit d’ailleurs un effet secondaire utile : il vous fait acheter mécaniquement plus de parts quand les prix sont bas, ce que presque personne n’arrive à faire de manière discrétionnaire.

Information générale, pas une recommandation d’investissement. Investir en bourse comporte un risque de perte en capital, et les performances passées ne préjugent pas des performances futures. L’allocation adaptée dépend de votre situation d’ensemble : faites-la valider par un conseiller avant de vous engager sur des montants significatifs.

Ce que je constate au fil des rendez-vous, c’est que les portefeuilles les plus sereins ne sont pas les plus sophistiqués. Ce sont ceux dont le propriétaire sait pourquoi chaque ligne est là, et à quelle échéance il en aura besoin.

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Avant de parler d’erreurs, encore faut-il savoir comment le marché fonctionne.

Comprendre le marché boursier : guide pour les débutants

Publié initialement en 2023. Mise à jour le 5 août 2026 (fiscalité 2026 et données AMF 2025).
Sources : Autorité des marchés financiers (activité des investisseurs particuliers 2025, étude sur les résultats des particuliers en CFD et Forex), service-public.gouv.fr.